15.11.2007

Six Feet Under

Je suis pas particulièrement téléphage, et en plus il me faut en moyenne 12 ans pour tisser des relations suffisamment fortes avec les gens avant de faire tomber ma méfiance en aggloméré. Alors que je tombe amoureux d'une famille virtuelle, ça me semblait pas possible. Ben si. Je suis tombé par hasard et en retard sur Six Feet Under, et j'ai regardé quatre saisons en un mois. Tout y est fin, tout y est juste. Tout commence par la mort de Nathaniel Fisher, thanatopracteur de son état, patriarche mystérieux, à la tête d'une famille à priori rigide et lisse. Chaque épisode commence par la mort d'un personnage, ensuite amené chez les Fisher. - Ruth, la mère, simple et puritaine est en fait complètement déjantée (moment de grâce où elle gobe un ecstasy pensant prendre une aspirine) - David, l'ainé, gay peu affirmé, sérieux et plein de failles (un directeur de pompes funèbres qui sodomise clandestinement des punks dans des parkings) - Nate, l'autre frère, trentenaire libre, craquant, open et cool. (Avec Nate, on a juste envie de fumer un gros pétard en haut d'une montagne) - Claire la cadette, belle, artiste et cynique. (Elle a tout compris sur les rapports humains et contemple ses congénères avec un froncement de sourcils. " Ecoutes je t'aime beaucoup mais je ne peux pas être avec quelqu'un qui sait aussi peu de choses sur lui-même") - Brenda, la petite amie de Nate, a les répliques les plus drôles au monde ("ma mère a aimé ton cadeau. Elle a trouvé tes produits de beauté délicieux". "Elle était pas censé les goûter".) C'est drôle, tendre, cynique, dur, injuste, léger, pathétique, fort, avec à la clé l'espoir. Terminer cette ultime saison me donne l'impression de refermer un coffre de famille découvert dans un grenier. Dans Six Feet Under, il y a "Tunder"...