13.11.2007
Les murs me parlent
Y'a un type dans ma ville qui se confie aux murs.
Normal, on laisse tous des empreintes. Dans nos carnets, nos placards, dans ce qui est dit, ce qui est fait.
Lui il grave les murs, à coup de pierre, de trombones, de tout ce qu'il trouve.
Il a des dizaines de murs mais pas de toit. Il n'efface rien, il écrit par dessus.
Qu'y a t-il en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ?
Un jeune mec. Professeur de philosophie, fan de rock, qui, il y a très longtemps, avait une femme, des filles, des projets.

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09.11.2007
Fessier, Abdos, SARL
"Allez tous en ligne !
Ok on va créer notre boîte !
Allez UNE...DEUX...ET TROIS ET QUATRE !
Ok maintenant on peaufine son concept...
On positionne son statut juridiiiiiique...ET UN...ET DEUX...
On aaaallonge son capital pour ne pas avoir l'air con devant son baaanquier !
OK NOW on planche ses moyens commerciaux ! On tient ! On relâche !
Allez la production ! On étire, on va chercher des financements...Loin loin...On tiiieeent.
Et on lâche.
Eeeet on compte :
BIC ! C.A. ! CHARGES ! PRODUITS ! BENEFICES ! BFR ! BUISNESS PLAN !
UN DEUX ON RECOMMENCE !
Ok on relâche...
On tient ses comptes, on prospecte, on prospeeeeecte ! ALLEEEEZ
Ok. Beau travail tout le monde. Essayez de dormir une heure, on se revoit à l'atelier Analyse financière."
Putain y'a pas à dire, monter sa boîte ça fait mal au cul...

05.11.2007
Sugar Baby Love
On le fait tous. Je le sais. On me l'a dit.
Y'en a qui prennent des balais. Y'en a qui retroussent leurs jupes. Qui s'essayent au grand écart. Y'en a même qui optent pour les brosses à cheveux.
Moi je prend un marteau.
J'aime bien le soir, parce que parfois, après quelques bières, le casque vissé aux oreilles, la musique à fond, on peut lâcher le Mick Jagger qui sommeille en nous. Ou devenir la rousse Tori Amos. Voire même voler pour trois minutes les Etats d'âmes de Luna Parker !
On s'enroule autour du tabouret, on déclanche son briquet, qu'on soit Smiths ou Velvet. On devient pop, strass, sucré ou sauvage.
Il est vite quatre heures du mat, et on va se coucher, en canard, les jambes en coton, et on savoure cet instant de gloire de salon, en bavant, épuisé et beurré, sur son oreiller...



