20.03.2008

Nouvelle Star, adieu les boniches

J'aime bien la Nouvelle Star. C'est comme ça. Je trouve le niveau de ce radio crochet musical très élevé.

A y regarder de plus près, je me suis demandé comment les performances des candidats pouvaient s'améliorer à ce point d'année en année.

En me baladant sur le net, je me suis rendu compte que la plupart des apprentis chanteurs, retenus par un jury à qui on a prêté des oreilles héritées des producteurs de majors, ne sont absolument pas débutants.

Un exemple : un dénommé Julien Raoux interprète d'une sublime version de Hallelujah de Jeff Buckley n'est autre que le leader de Loko, un groupe qui multiplie les concerts et dont un album produit est téléchargeable sur le net. Sur son site, le gamin graine de star y apparait grimé entre Tim Burton, Placebo et Marylin Manson. Loin très loin de son image de jeune premier débutant et fragile montré devant les caméras.

Idem pour Céline, (la Barbie de Ken alias Cédric Oheix, le sexy marin pêcheur chanteur), qui écume les salles de spectacles depuis des années et enlace de sa voix de crécelle un Myspace prêt à imploser.

Ou encore Sian à la voix jazzy qui dit elle même "vivre de la musique depuis cinq ans"...

Voila pourquoi le niveau est tellement haut. En raison de la division par dix des contrats signés chez les majors, les pros de la musique, leur premier album sous le bras, se ruent au casting, mettent au placard leur jeu de jambe torride, leurs pintes de bière, leur expérience et leurs prochaines tournées.

A la place ils prennent un air de poussin sorti de l'oeuf, se curent les yeux à coup d'oignons et se forcent à craquer avant de rentrer en scène alors qu'ils gèrent parfaitement leur tournée locale, et ce depuis des années. "Oh la la, c'est kwa cette banane noire électrifiée avec des trous ?"...

La Nouvelle Star avant, pour moi c'était l'histoire d'un producteur qui passe sous les fenêtres d'une boniche, et charmé par son chant envoutant, lui érige un statut de star.

Jamais j'aurais pensé que le contexte de crise pousse Madonna à s'habiller en jogging Kiabi-escarpins-chaussettes histoire de rempiler pour un album.

La semaine prochaine j'y regarderai de plus près, dès fois que je gaule David et Jonathan déguisés en jeunes bimbos fraichement débarquées de province, histoire de se donner une seconde carrière...

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18.03.2008

La fin des manches ballons

Je confesse d'avoir dans mon entourage des bobos élitistes de la plus pure race.

Savants, propres, alter-mondialistes à leurs heures, enturbannés et entourés par leurs clones.

Quand ils rencontrent une nouvelle tête promise à rentrer dans le cercle, ils s'empressent de poser deux questions : "qu'est-ce que tu lis en ce moment?", "sinon tu écoutes quoi comme musique ?", avant de filer en cuisine préparer un apéro-dinatoire dans leur 90m2 parqueté-mouluré-colimaçonné.

La dernière fois que je les ai vus, ils entraient en communion en écoutant "Sebastien Tellier", tout en allumant des encens made in Nature et Découverte.

"Comment tu ne le connais pas ? Franchement, écoutes, c'est bon, c'est très bon. Dément, seul le cul l'intéresse. C'est un truc symphonico-expérimental".

Oui c'est vrai c'est bon, c'est très bon.

Il faut juste que je leur apprenne que Sébastien Tellier représentera la France à l'Eurovision 2008.

Ils vont en bouffer leur Chech 100% roots...

Mais cette nouvelle effrite un mythe. Du bocuse dans un emballage Mac Do ? Peu importe.

Moi qui pleure de joie devant l'Eurovision depuis 1984, qui s'est précipité sur le livre officiel paru à l'occasion des 50 ans du concours, je reste dubitatif quant au fait qu'un musicien labellisé bobo fasse cocoricoooo parmi les manches ballons, chauve-souris, robes lamé, fourreaux pantère et vestes paillettes.

Manquerait plus que les Miss France soient canons, sortent de Saint-Cyr et n'aient pas d'accent.

Manquerait plus que les cartes postales soient toutes de sublimes oeuvres d'art.

Manquerait plus que les briquets achetés chez le buraliste soient des objets élégants. 

Manquerait plus que l'Eurovision soit écoutable. 

J'en appelle à Marie Myriam qui se doit de défendre mon paradis kitsch. 

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03.03.2008

Course aux archives

"Ma vie est plus réussie que je ne l'espérais" : voici l'une des cases à cocher sur le site copainsdavant.

Si la plupart des ex-collegiens posent une option sur ce fait non vérifiable et ultra objectif, une seule personne de ma connaissance a commis un "Ma vie est chiante comme pas deux".
Une orientation sans grande surprise puisque aux 8 ans de cette camarade de classe, alors que tous les enfants s'amusaient, elle dépérissait dans une robe rouge à volants qui avait l'air de s'emmerder sur elle...

Mais copainsdavant c'est l'heure des bilans. Une auto-réunion où on expose avec fierté ses plus beaux calos-essence, billes scarabée ou bleu-schtroumpf remportés depuis la récré jusqu'à maintenant.
Une sorte de tableau d'honneur des meilleurs employés du mois, photos photoshopées à l'appui et marmaille en cascade.

Un bon moyen de prendre "une revanche sur la Vie" (les poings levés au ciel comme Scarlett O'Hara qui hurle "Taaarrraaa"), et constater que les coqueluches pre-pubertes, briseurs de coeurs et autres blondinets-coupe-au-bol populaires bossent aujourd'hui en pantalon tergal à la MatMut (même si je n'ai rien contre la MatMut)...

A ma grande surprise, beaucoup postent leurs photos de mariage et même leurs berlines.
Mais l'As des As, l'atout majeur, la carte fatale dévoilée en fin de manche s'appelle aussi "Amour de ma vie".
S'étalent alors sur ce site une jeu de centaines de reproductions de ces persécuteurs des bacs à sable nouvellement mariésdeuxenfants.

Copaindavant, au delà de la nostalgie, c'est une nouvelle génération de CV, sans embauche utile, qui rappelle amèrement qu'aux huit ans de la petite fille à robe rouge, il y avait aussi un petit garçon aux bras trop fins, à la voix de fille et au pull qui gratte...

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