26.11.2007
Ass et dick
Je suis contre les Assedics.
N'étant pas jusqu'alors sur la liste VIP des Ass et Dicks puisque travailleur pauvre, c'est non sans un certain émoi que je rejoins la liste des demandeurs d'emploi. Normalement pour pas longtemps (mais tout le monde doit dire ça).
8h45, au rendez-vous dans un espace digne d'une chaine de téléphonie on me plante devant une vidéo qui explique comment décrocher un téléphone et composer son n°identifiant pour actualiser sa situation mensuelle.
Je passe, ça me laisse le temps de me réveiller.
9h10, accueil par le sosie de whoopi golberg qui me dit que selon les assedics je suis veuf.
Euh non...
J'actualise donc mon profil et c'est parti pour le détail des annonces.
"Communication".
"Nous n'avons pas d'annonces "en ce sens"" me dit whoopi.
"Journalisme ".
"Nous n'avons pas d'annonces "en ce sens"" me dit whoopi.
"Publicité"
"Nous n'avons pas d'annonces "en ce sens"" me dit whoopi qui prend son air le plus grave.
Elle pose ses lunettes sur le bout de son nez et me dit
"Les annonces sont cachées. Il faut que vous les trouviez parfois ailleurs".
Va pour les annonces cachées. J'adore les livres "Où est Charlie".
Des miaulements se sont fait entendre. Whoopi porte son sac à son oreille pour localiser son portable.
Je m'en vais.
Cet après midi dans un café je téléphone pour actualiser ma situation. Tout comme la vidéo me l'a enseigné je décroche mon téléphone. Je porte le combiné à mon oreille comme ils le montraient. Sans me tromper.
Je compose à un doigt le n°.
Et tombe sur une opératrice qui en fait est une voix enregistrée (on me la fait pas).
Elle me dit de prononcer parmi le choix, le service qui m'intéresse.
Je dis "mon dossier".
Elle comprend rien et me refait la liste.
Je redis "mon dossier".
Encore la liste.
Je redis "MON DOSSIER".
Ça marche pas, je dis et re dis MOOON DOOOSSIER !!!
Et là les gens me regardent, ils doivent me prendre pour une sorte d'hystérique qui réclame "MOOON DOOOSSSIER" à quelqu'un, façon Ray Babbit de Rain Man.
Je recommence à dire "Mon dossier", plus calmement.
Rien ne se passe.
Je raccroche.
Le tout c'est donc de contourner les obstacles mis par les Assedics eux-mêmes...
Une copine à moi a trouvé du boulot sur Meetic. Ça me rassure.
Peut-être que ça va m'arriver en allant m'acheter une tranche de foie de veau.

20.11.2007
Ma météo
Y'a des jours ou il froid, y'a des jours où on a envie de se planter devant la TV, de se taper Taggart, Matloc, et même Arabesque. Un temps sur pause ou on se fout pas mal des infos, de noel, de ce qui va se passer. Et parce qu'on en arrive à se trouver pathétique, on sort parmi la foule.
On se dit que chacun est le fruit d'un orgasme plus ou moins réussi.
Qu'à la base on est tous des gagnants puisqu'on a percé l'ovule...
Et on mange un éclair au café en se disant qu'avec des considérations de ce genre, c'est normal que rien ne se passe simplement.
On va dans une librairie. Et parmi les gens qui font la bougie on tombe sur "Comment soigner sa dépression", "Afronter l'hiver sans périr", "Guérir son cancer en mangeant mieux", "Mylène Farmer, la biographie officielle"...
Une demi-heure après il fait nuit.
J'ai du me gourer de fuseau horaire.
Vic de la boum, sors de ce corps...

15.11.2007
Six Feet Under
Je suis pas particulièrement téléphage, et en plus il me faut en moyenne 12 ans pour tisser des relations suffisamment fortes avec les gens avant de faire tomber ma méfiance en aggloméré.
Alors que je tombe amoureux d'une famille virtuelle, ça me semblait pas possible.
Ben si.
Je suis tombé par hasard et en retard sur Six Feet Under, et j'ai regardé quatre saisons en un mois.
Tout y est fin, tout y est juste.
Tout commence par la mort de Nathaniel Fisher, thanatopracteur de son état, patriarche mystérieux, à la tête d'une famille à priori rigide et lisse.
Chaque épisode commence par la mort d'un personnage, ensuite amené chez les Fisher.
- Ruth, la mère, simple et puritaine est en fait complètement déjantée (moment de grâce où elle gobe un ecstasy pensant prendre une aspirine)
- David, l'ainé, gay peu affirmé, sérieux et plein de failles (un directeur de pompes funèbres qui sodomise clandestinement des punks dans des parkings)
- Nate, l'autre frère, trentenaire libre, craquant, open et cool. (Avec Nate, on a juste envie de fumer un gros pétard en haut d'une montagne)
- Claire la cadette, belle, artiste et cynique. (Elle a tout compris sur les rapports humains et contemple ses congénères avec un froncement de sourcils. " Ecoutes je t'aime beaucoup mais je ne peux pas être avec quelqu'un qui sait aussi peu de choses sur lui-même")
- Brenda, la petite amie de Nate, a les répliques les plus drôles au monde ("ma mère a aimé ton cadeau. Elle a trouvé tes produits de beauté délicieux". "Elle était pas censé les goûter".)
C'est drôle, tendre, cynique, dur, injuste, léger, pathétique, fort, avec à la clé l'espoir.
Terminer cette ultime saison me donne l'impression de refermer un coffre de famille découvert dans un grenier.
Dans Six Feet Under, il y a "Tunder"...
22:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : six feet under, famille
13.11.2007
Les murs me parlent
Y'a un type dans ma ville qui se confie aux murs.
Normal, on laisse tous des empreintes. Dans nos carnets, nos placards, dans ce qui est dit, ce qui est fait.
Lui il grave les murs, à coup de pierre, de trombones, de tout ce qu'il trouve.
Il a des dizaines de murs mais pas de toit. Il n'efface rien, il écrit par dessus.
Qu'y a t-il en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ? Et encore en dessous ?
Un jeune mec. Professeur de philosophie, fan de rock, qui, il y a très longtemps, avait une femme, des filles, des projets.

18:32 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.11.2007
Fessier, Abdos, SARL
"Allez tous en ligne !
Ok on va créer notre boîte !
Allez UNE...DEUX...ET TROIS ET QUATRE !
Ok maintenant on peaufine son concept...
On positionne son statut juridiiiiiique...ET UN...ET DEUX...
On aaaallonge son capital pour ne pas avoir l'air con devant son baaanquier !
OK NOW on planche ses moyens commerciaux ! On tient ! On relâche !
Allez la production ! On étire, on va chercher des financements...Loin loin...On tiiieeent.
Et on lâche.
Eeeet on compte :
BIC ! C.A. ! CHARGES ! PRODUITS ! BENEFICES ! BFR ! BUISNESS PLAN !
UN DEUX ON RECOMMENCE !
Ok on relâche...
On tient ses comptes, on prospecte, on prospeeeeecte ! ALLEEEEZ
Ok. Beau travail tout le monde. Essayez de dormir une heure, on se revoit à l'atelier Analyse financière."
Putain y'a pas à dire, monter sa boîte ça fait mal au cul...

05.11.2007
Sugar Baby Love
On le fait tous. Je le sais. On me l'a dit.
Y'en a qui prennent des balais. Y'en a qui retroussent leurs jupes. Qui s'essayent au grand écart. Y'en a même qui optent pour les brosses à cheveux.
Moi je prend un marteau.
J'aime bien le soir, parce que parfois, après quelques bières, le casque vissé aux oreilles, la musique à fond, on peut lâcher le Mick Jagger qui sommeille en nous. Ou devenir la rousse Tori Amos. Voire même voler pour trois minutes les Etats d'âmes de Luna Parker !
On s'enroule autour du tabouret, on déclanche son briquet, qu'on soit Smiths ou Velvet. On devient pop, strass, sucré ou sauvage.
Il est vite quatre heures du mat, et on va se coucher, en canard, les jambes en coton, et on savoure cet instant de gloire de salon, en bavant, épuisé et beurré, sur son oreiller...



